En français, ce terme désigne les bandes dessinées japonaises, et par extension, les bandes dessinées non-japonaises respectant les codes des productions populaires japonaises.
Le mot manga est composé de
- man : « exagérer », « déborder » (qui peut être interprété comme caricature)
- et ga : « dessin », « peinture » ou toute image dessinée
C'est Kitazawa qui reprend le terme de manga pour désigner ses dessins, il se désigne lui-même comme mangaka. Le premier manga considéré comme tel date de 1902.
Le mangaka. Il est soumis à des rythmes de parution très rapides, et ne bénéficie pas toujours d'une totale liberté sur son ½uvre, selon la réception auprès du public. Si le manga connaît un fort succès, l'auteur devra prolonger son histoire, même s'il voulait la terminer. À l'inverse, certaines ½uvres peu connues ne verront pas leur suite et fin publiées.
Les mangas se lisent souvent dans le sens inverse des bandes dessinées occidentales : de droite à gauche ce qui correspond au sens de lecture japonais.
Introduits en France en 1978 avec la revue « Le cri qui tue », les mangas ne sont publiés dans ce sens en Occident que depuis 1995 environ. Toutefois, les éditeurs français ne se plient pas systématiquement à cette spécificité. Certains éditeurs choisissent alors de simplement retourner les images, ce qui occasionne des incohérences douteuses (un droitier qui devient gaucher, un coup porté au c½ur qui perd son sens avec une image inversée ou encore un salut nazi effectué du bras gauche dans L'Histoire des 3 Adolf).
La plupart des éditeurs ont actuellement adopté ce sens de lecture, dans un but d'économie et de respect de l'½uvre.
Techniquement parlant, les mangas sont presque toujours en noir et blanc.
Notons au passage que les mangas comptent souvent un nombre de planches très importants. À titre d'exemple, une BD européenne contiendra une quarantaine de planches quand le manga en comptera plus d'une centaine. Par ailleurs, le manga est le plus souvent une série en plusieurs volumes. Au final, le nombre total de planches racontant une histoire dans un manga est beaucoup plus élevé que dans une BD à l'européenne (même s'il s'agit d'une série). Ceci affecte par conséquent la structure du récit et sa narration. D'où des techniques propres au manga.
Le manga utilise un découpage temporel proche de celui du cinéma, adoptant souvent ses cadrages et utilisant une décomposition du temps et de l'action.
Les personnages ont souvent de grands yeux, ce qui permet de renforcer l'expressivité du visage. De nombreux codes graphiques sont utilisés pour symboliser l'état émotionnel ou physique d'un protagoniste. Il y a également une utilisation fréquente d'onomatopées relatives aux mouvements, actions ou pensées des personnages. Nous ne somme pas sans savoir que le japonais est beaucoup plus riche que le français en onomatopées et que leur champ d'application est plus large.
A la différence de l'Europe et des États-Unis, le marché de la bande dessinée au Japon n'est pas un marché de niche mais bel et bien un phénomène de masse qui touche une part énorme de la population (on estime à 60 % le nombre de japonais qui lisent au moins un manga par semaine) et génère une importante activité économique. Il convient de savoir que les manga japonais sont moins chers qu'en Europe, leur prix avoisinant les 500 yens (4.03 euros en mars 2009), alors qu'en France, le prix d'un manga se situe généralement entre 6 et 9 euros selon le format et les éditions.
Ce mouvement a été provoqué en partie par le japonisme en Europe